Abstract

Henri III s’sacquit, de son vivant, une enviable réputation d’orateur, au point d’être considéré par Agrippa d’Aubigné comme un roi «bien disant». Comme tout roi, il s’sen remettait bien sûr à ses officiers pour la rédaction de ses discours. Pourtant, grâce à Jacques Davy Du Perron, on sait qu’sil ne se contentait pas de reprendre fidèlement les discours écrits à son usage, mais qu’sil se faisait un point d’honneur de les approprier à «la trempe de son esprit». Or, la Bibliothèque nationale de France conserve un document d’un intérêt insoupçonné, qui illustre le rôle actif que chercha à jouer Henri III dans la mise en scène de la parole royale à la veille des États Généraux de 1576. Il s’sagit du mémoire autographe d’un discours de cinq feuillets, qui contient les idées que le roi a consignées par écrit, sans doute en octobre ou novembre, en guise de canevas de la harangue des États Généraux de 1576, destiné à Jean de Morvillier, doyen du conseil d’Etat et rédacteur du discours officiel. Cette pièce d’archive unique permet de comprendre pourquoi, lors de la seconde harangue du roi aux États Généraux en 1588, Pierre de l’Estoile s’sétonnera de la franchise un peu brutale avec laquelle Henri III mettra en garde la Ligue: c’sest que jusqu’salors il avait été un prince «dissimulé», écartelé entre son devoir de représentant de l’Etat et la subjectivité de l’individu qui incarne cet État, hiatus dont le mémoire autographe témoigne éloquemment.

Journal
Rhetorica
Published
2015-06-01
DOI
10.1353/rht.2015.0011
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