Abstract
Depuis quelques années, les études sur Henri III tentent de rétablir 1 image du dernier Valois1. On oublie souvent que Henri III a tenté de redorer le blason de la France, notamment par le mécénat des arts, des sciences et des lettres. Mais malgré des efforts soutenus pour rétablir la paix, Henri le «bien disant», dont l’éloquence est remarquée autant par ses contemporains que par ses adversaires, est pourtant incapable de réconcilier les parties et de rassembler ses sujets sous son autorité. Cette étude aborde les stratégies éthiques et pathétiques dans les lettres de Henri III jusqu’en 1582 où il vit une véritable crise intérieure qui se traduit par une conversion religieuse et un goût prononcé pour la dévotion. Qu’elles soient diplomatiques ou destinées à des familiers, les lettres du dernier Valois manifestent dorénavant son repentir et son besoin de pénitence. I lomme de contrastes, pour ne pas dire de contradictions, Henri III épistolier présente au monde l’image de l’autorité souveraine aussi bien que celle du prince dévot. Les lettres du roi révèlent un épistolier conscient de l’importance de présenter l’image d’une autorité royale préoccupée par le bien-être de son peuple et soucieux de calmer les dissensions religieuses au sein de son royaume.