Abstract
De nombreux points communs ont été soulignés entre la Rhétorique à Alexandre et l’œuvre d’Isocrate, ce qui suggère un arrière-plan technique commun, mais l’usage que ce dernier fait du vocabulaire de la preuve (pistis) n’a jamais été considéré comme systématique. Ainsi, des termes comme semeion, tekmerion, elenchos sont perçus comme de simples synonymes. Nous voudrions montrer ici, en prenant l’exemple du tekmerion, qu’Isocrate fait au contraire un usage très cohérent de ces termes, conforme aux définitions de la Rhétorique à Alexandre et qui éclaire le fonctionnement de ce mode de preuve, hérité de la pratique judiciaire et des technai sophistiques.