Abstract

A la Renaissance, la rhétorique tend à s’imposer non seulement comme l’art de persuader, mais comme un moyen d’organiser les discours (sur le plan logique aussi bien qu’esthétique), éventuellement applicable à tous les domaines du savoir. En mathématiques, Jacques Peletier du Mans, a joué à cet égard un rôle décisif. Poète, poéticien, philosophe et mathématicien, il a toujours défendu l’idée que dire c’est mettre en ordre, et pour s’en expliquer, il est passé tout naturellement par les catégories de la rhétorique. Mais Peletier assume aussi un autre héritage: celui de Nicolas de Cuse, pour qui les mathématiques peuvent être, par allégorie, une sorte de langue théologique. Leur discours, dans ce cadre, ne vaut plus essentiellement par son ordre, mais par le rayonnement de ses concepts: il fonctionne à la façon d’une langue hiéroglyphique et vise à mettre en correspondance le monde inférieur à un monde supérieur, au lieu de faciliter la communication entre les hommes. Cette étude présente la tension, dans l’œuvre de Peletier, entre ces deux représentations du langage mathématique.

Journal
Rhetorica
Published
2002-09-01
DOI
10.1353/rht.2002.0004
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