Abstract

La Renaissance est allée chercher dans l’Antiquité des modèles exemplaires d’aphasie réelle ou simulée. Elle a ressuscité Sappho, la parleuse muette; elle a récrit les fables d’Actéon, d’Arachné, d’Io, de Philomèle et de bien d’autres figures emblématiques de l’impossibilité de parler. Mais la privation de parole est surtout mise au service de la rhétorique de l’éloge: on renoncera à parler pour mieux se faire entendre. Les écrivains recourent volontiers à une image ancienne de cette “éloquence du silence:” le rideau de Timanthe. Quelques exemples empruntés à Louise Labé, Joachim du Bellay, Agrippa d’Aubigné et Montaigne serviront d’illustrations.

Journal
Rhetorica
Published
2002-09-01
DOI
10.1353/rht.2002.0001
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