Catherine Nicolas
1 article-
Le Commerce des Mots. L’usage des listes dans la litterature medievale (XIIe–XVe siecles) par Madeleine Jeay ↗
Abstract
Reviews 203 however, focuses on Imlaga, showing that it can be mapped only partially onto the Aristotelian concept of style, embracing genres like poetry and letter writing and emphasizing (to use Austin s terminology) the illocutionary over the perlocutionary. Wolfhart P. Heinrichs traces a chronological progression within balaga, by means of which figures that had originated in ornate prose migrated into poetry, while Lala Behzadi focuses on silence in the work of Amr b. Bahr al-Jahiz to show how rhetorical analysis can lead to epistemological theory. The book concludes with a long essay by Joseph Dichy on commentaries to the Qur'an in the three centuries after the Hegira (622 ce), demonstrating that a recognition of obscurity or equivocation opens up a space for the study of rhetorical features in a text which now has to be considered as more than a simple window through which the truth it carries may be viewed. It is customary to complain that in collections of essays by diverse hands, some contributions are stronger than others. That is true here, however, only to a limited extent. The essays in this collection are consistently excellent, resulting in a volume that can be recommended to anyone with a serious interest in how east meets west in rhetorical history. Craig Kallendorf Texas A&M University Madeleine Jeay, Le Commerce des Mots. L'usage des listes dans la littér ature médiévale (XIIe-XVcsiecles). Publications Romanes et Françaises, CCXLI, Genève: Droz, 2006, 552pp. ISBN 2600010653 L'ouvrage de Madeleine Jeay (MJ) se propose d'étudier les traits ca ractéristiques de la liste et le rapport que le «plus paradoxal des tropes» (p. 501) entretient avec l'usage qui en est fait dans la littérature médiévale. Corps étranger et inassimilable à l'œuvre, élément qui produit un effet de rupture au moment de son intrusion dans le tissu textuel, la liste se définit par son hétérogénéité et par sa récurrence, étant donné que ce sont toujours les mêmes réalités qui sont énumérées. Cette double définition, ainsi que la pratique régulière de la liste sur une large période allant du XlIIe au XVIe siècle, a permis de définir un corpus de textes à listes et d'en élaborer le répertoire virtuel (http://tapor.mcmaster.ca/~hyperliste/home.htm) qui montre la façon hypertextuelle dont les listes circulent d'une œuvre à l'autre et appellent un mode de lecture spécifique. Prenant appui sur cet outil infor matique, l'ouvrage de MJ propose de trouver le principe organisateur de ces listes et d'en définir la valeur littéraire. Plus qu'un simple rehaussement du style, la liste est posée, à partir de là, comme une figure d'amplificatio associée à la représentation de la figure du poète que MJ place au centre de son enquête. Forte de ses balisages théoriques (Ph. Hamon en particulier), elle relève les affinités que l'énumération entre 204 RHETORICA tient avec la description: même intention de nommer pour établir une no menclature et pour proposer un savoir encyclopédique et didactique sur le monde et les mots qui le disent; même dimension métatextuelle qui débouche sur une situation discursive qui met en jeu l'écrivain dans son activité même; même ambition intertextuelle de type réticulaire qui fait appel à la mémoire. La spécificité poétique de la liste résiderait alors dans son excès de réalité, car en accentuant la «quotidienneté du quotidien», elle le sublimerait et répondrait à la tentation fondatrice de la poésie d'annuler l'opposition entre les mots et les choses. En outre, la liste briserait la linéarité du texte et main tiendrait, ce faisant, le lecteur à la surface du texte. Elle imposerait donc une lecture de surface et de réseau et couperait court au processus d'exégèse et à l'approfondissement du sens. L'étude fine des listes et de leurs caractéristiques, leur mise en parallèle«hypertextuelle» et leur constitution en...