Jean-Luc Vix
1 article-
Abstract
334 RHETORICA Elisabetta Berardi, Elio Aristide. Epicedio per Eteoneo. Epitafio per Alessandro. Millennium, Collana di testi greci e latini 7, Alessandria, 2006, 276 pp. ISBN: 8876949062 Ce livre est bienvenu, les discours 31-32 (or. 31 Epikêdeios en l'honneur d'Etéonée, or. 32 Oraisonfunèbre en l'honneur d'Alexandros de Cotiaeon) d'Aelius Aristide ayant, jusque là, été relativement délaissés dans les études aristidiennes , alors même qu'ils présentent des intérêts multiples pour qui s'intéresse non seulement à la forme de l'oraison funèbre, mais aussi au monde grec de l'époque impériale, et plus spécifiquement à l'univers de la paideia. Elisabetta Berardi propose la première traduction italienne de ces deux discours (il existait jusque là une traduction anglaise et espagnole; une traduction française est sous presse) dans une disposition tripartite originale, une large introduction, pp. 1-57, une partie intermédiaire, pp. 59-111, et, à partir de la p. 113, les traductions, accompagnées d'amples commentaires de bas de page et surtout de fin. L'introduction (pp. 1-57) met en perspective les deux discours, avec une histoire du discours funèbre à l'époque classique (pp. 3-5), puis à l'époque impériale (pp. 5-11), avant d'aborder chacun des discours dans leur composition et leur originalité. Mais avant, dans les deux premières pages, l'auteur rappelle le contenu des deux oraisons funèbres aristidiennes: d'une part, un éloge prononcé en public (Epikêdeios) à l'occasion de la disparition d'un jeune élève d'Aristide, Etéonée (or. 31), d'autre part, une lettre adressée au Sénat et aux citoyens de Cotiaeon pour déplorer la disparition, à un âge avancé, du fameux grammatikos Alexandros, leur concitoyen, et ancien maître d'Aristide. Ces deux discours sont donc dans un rapport de miroir et d'oppositions (maître/élève et homme âgé/adolescent). A partir du chapitre 2 (pp. 12-30) B. nous propose un parcours à travers le discours 31. La méthode choisie pour la présentation successive des deux discours est la même, un découpage du texte et une étude de chaque partie (ainsi, pour le discours 31, les différents chapitres proposent l'analyse de l'exorde, de l'éloge, de la monôdie, de la consolation, puis de l'épilogue). Cette démarche est tout à fait judicieuse, on peut juste regretter que ces parties ne soient pas délimitées clairement (par ex. consolation = §§ 14-19), ce qui aurait balisé le parcours pour le lecteur qui découvre ces discours. On peut, dans le même esprit, regretter que, plus avant dans l'ouvrage, les textes grecs ne proposent, typographiquement, aucun paragraphe nettement visible permettant de repérer ces parties (exeption faite de l'alinéa aux § 3, or. 31 et 5, or. 32, c'est-à-dire après les exordes). On retrouve dans YEpikêdeios les parties canoniques fixées par Ménandros le rhéteur au Ile s., l'éloge, la lamentation, la consolation et l'exhortation. Comme le souligne avec justesse B., l'éloge donne l'occasion au rhéteur de manifester sa foi dans la rhétorique (la partie comporte d'ailleurs comme sous-titre: dall'elogio del defunto all'elogio délia retorica, pp. 18-22). A l'occasion de l'analyse du portrait du jeune Etéonée, on découvre la fine ana lyse permettant de rapprocher certains passages aristidiens avec le Thêetète Reviews 335 143e-144b et République VI, 503c-d (pp. 19-20). Dans une note du discours, p. 145,1 auteur revient d ailleurs sur la proximité entretenue par Aristide avec l'œuvre du philosophe. Dans cette partie consacrée à l'éloge de son élève, Aristide fait aussi, plus globalement, l'éloge de la paideia, élément que l'on retrouve dans le discours 32. L Epitnpluos en l honneur d Alexnndros, sur bien des points comporte des parallèles avec Yepitnphios classique, à commencer par le titre lui-même. Le rhéteur insiste à plusieurs reprises sur le caractère épistolaire de son discours...