Orestis Karavas
1 article-
Abstract
202 RHETORICA insight into how access to public rhetorical space continues to be controlled today. As Johnson asserts, "Only by stepping into the contradictions between 'discipline' and 'possibility' inherent in how rhetorical traditions play out their power can we become more clear in our own minds why even in the new millennium our day-to-day lives remain corrupted by rhetorical theologies that value some voices more than others" (18). Lisa Ganobcsik-Williams University of Warwick Katerina Kostiou, Hè poictikè tes anatropès: Satira Eirôneia Parôidia Humour, Athènes: Néphélè, 2002, pp. 277. Le livre de K. Kostiou, La poétique de la subversion: Satire, Ironie, Parodie, Humour, est une étude originale dans le domaine de la littérature grecque, car il manquait une telle monographie théorique sur des thèmes qui touchent la Grèce moderne. La division de la matière est simple: quatre chapitres, un pour chacun des thèmes indiqués dans le titre. L'auteur présente son sujet de façon systématique et conceptuelle, dialogue avec la bibliographie internationale jusqu'à nos jours, et apporte des exemples tirés de la littérature grecque des deux derniers siècles. Dans une courte Introduction (pp. 21-30), où sont posées les ques tions de base et présentées les principales sources bibliographiques (Frye, Muecke, Booth, Rose, Pirandello), Kostiou trace une distinction entre les termes étudiés et le terme général de «comique» et fait référence aux tra ditions anglo-saxonne et française sur le sujet. Le premier chapitre est consacré à l'étude de la satire (pp. 31-108). Etant donné la difficulté qu'il y a à définir ce genre, l'auteur commence par un panorama remontant jusqu'à l'antiquité (Satire Ménippée des Grecs, Satura des Romains), puis analyse sa fonction, ses mécanismes, ses techniques. Ce qui sépare la satire de la comédie est le résultat obtenu. La critique du XXe siècle a prêté une grande importance à la dépendance étroite de la satire à l'égard de la rhétorique. Kostiou adopte le vocabulaire de Frye et envisage les six phases de la satire. La satire, dit l'auteur, n'est pas une forme d'écriture; elle est plutôt un ton d'écriture. La satire implique une stratégie, un contrôle et une distance par rapport à ce qu'elle satirise. Le grotesque, le pseudo-réalisme et l'imitation en font également partie. Les techniques de la satire, qui occupent la plus grande partie du chapitre, sont présentées en détail grâce à de nombreux exemples, tirés de la littérature grecque du XIXe siècle: elles comprennent notamment l'hyperbole, la caricature, l'antithèse, le cynisme, le paradoxe, la surprise, l'hypocrisie, le recours à une persona, l'allégorie, etc.—tous éléments regroupés à la fin dans un tableau (p. 102). Reviews 203 Le deuxième chapitre, qui porte sur l'ironie (pp. 109-192), est le plus long et le plus difficile à lire, à cause de son caractère purement théorique. Commençant par la définition de l'ironie et par la relation de celle-ci avec la satire, la comédie et la métaphore, l'auteur décrit l'extension du terme chez les auteurs anglais et allemands qui, au XIXe siècle, ont estimé que la littérature moderne devait être ironique, voire que toute bonne littérature est par définition ironique: «L'ironie moderne est moins satirique et plus subjective, moins rhétorique et plus 'd'atmosphère', moins agressive et plus défensive»(II.A.3). Après quoi Kostiou analyse les différents degrés de l'ironie (ironie verbale ou ironie des situations), puis la dimension philoso phique que lui ont donnée les philosophes français (Sartre, Foucault, Lacan, Barthes, Derrida). Les différentes techniques de l'ironie sont présentées, en core une fois, sur la base d'exemples tirés de la littérature grecque moderne (voir aussi le tableau p. 179). Le chapitre se termine par l'étude de la dimen sion...