Sabine Luciani
1 article-
Voir la philosophie. Les représentations de la philosophie à Rome. Rhétorique et philosophie de Cicéron à Marc Aurèle par Juliette Dross ↗
Abstract
100 RHETORICA che sarebbe stata attiva presso il santuario di Pergamo (p. 21). Pochi i refusi, in un testo nel complesso ben curato. Elisabetta Berardi Università degli Studi di Torino Juliette Dross, Voir la philosophie. Les représentations de la philosophie à Rome. Rhétorique et philosophie de Cicéron à Marc Aurèle (Études anciennes, série latine 71), Paris: Les Belles Lettres, 2010. 413 pp., ISBN 978-2-251-32883-6 Cet ouvrage, version remaniée d'une thèse soutenue en 2004, est consa cré aux rapports de la philosophie et de la rhétorique à travers la question de la représentation esthétique:1 il s'agit de montrer comment et surtout pourquoi certains philosophes romains ont mis en image le concept de philosophie. Cette étude, placée sous Yauctoritas de Cicéron, vise à explorer un double paradoxe: 1. De manière générale, l'usage problématique de l'image, en tant qu'artifice de persuasion, dans les écrits de philosophes qui, à la suite de Platon, affichent une certaine méfiance à l'égard de la rhétorique; 2. En ce qui concerne la doctrine stoïcienne en particulier, la contradic tion entre rejet de la représentation rhétorique et réhabilitation épistémo logique de l'image dans le processus cognitif (p. 13). Les principaux auteurs étudiés (Cicéron, Sénèque, Marc-Aurèle) per mettent de couvrir une période de trois siècles mais l'enquête se fonde en réalité sur un corpus qui va d'Homère à Boèce et ne comporte pas moins de 130 œuvres. Le plan adopté évite l'écueil du catalogue et permet de mettre en évidence le double enjeu de ce travail, qui s'attache à analyser, d'une part, le rôle attribué aux représentations par les philosophes eux-mêmes, d'autre part, ce que révèlent ces dernières sur la conception que les philosophes avaient de leur discipline. Après une remarquable introduction, qui expose de façon limpide les enjeux liés à la notion de représentation dans l'histoire de la philosophie romaine (pp. 7-21), la première partie, fondée sur la lecture des rhéteurs antiques, est consacrée à l'étude de la notion de « représentation» rhétorique en relation avec ses fondements théoriques et philosophiques (pp. 25-102). Après une enquête sur la signification et l'évolution des termes repraesentatio, euidentia, enargeia, phantasia, cette partie donne lieu à une définition des tropes (métaphore, synecdoque, métonymie, catachrèse, allégorie, hyperbole) et ^ue l'auteur veuille bien excuser le caractère tardif du présent compte rendu. Le rapporteur, qui a reçu 1 ouvrage en août 2012, tient cependant à préciser que ce retard ne lui est pas entièrement imputable. Reviews 101 des figures (comparaison, éthopée, prosopopée, hypotypose) associés à la représentation (pp. 41-80). Ces deux chapitres assez descriptifs constituent un préalable théorique nécessaire à l'analyse du pouvoir de l'image, qui est menée à partir d'une réflexion sur les relations entre évidence, passion et imagination (pp. 81102 ). Juliette Dross souligne a juste titre le rôle joué par le traité Du sublime et 1 Institution oratoire dans 1 élaboration d'une théorie rhétorique de la phantasin . Elle démontre de façon convaincante que le Ps-Longin tend à rapprocher la phantasia logike des stoïciens, dans laquelle Venargeia constitue un critère de vérité objectif, de la phantasia imaginative des orateurs, fondée sur la mise en forme discursive d'un spectacle fictif. À la différence de Cicéron, qui avait lexicalement distingué l'évidence des philosophes (rendue par euidentia ou perspicuitns) et celle des orateurs (traduite par illustris oratio), Quintilien ac centue l'assimilation en usant du même substantif latin euidentia pour évo quer ces deux types d'enargeiai. D'où une conclusion partielle qui résume parfaitement la première étape de la démonstration: «On comprend dès lors l'intérêt de l'usage de la représentation rhétorique dans la prose philoso phique...