Abstract
Certains, dit Julien, font étalage des lettres qu’ils ont reçues de l’empereur comme les parvenus de leurs bagues précieuses. C’est peut-être pour cette raison que nous ont été conservées de cet empereur près de trente pièces—billets ou missives plus développées—qui relèvent de l’épistolaire au sens le plus strict, parce qu’elles sont adressées par un individu à un individu et non par un souverain à ses sujets ou à ses représentants. Les desti-nataires forment un réseau restreint de gens qui ont des affinités intellectuelles et religieuses avec l’expéditeur. Cette étude cherche à montrer comment la théorie épistolaire dans l’Antiquité pouvait être concrètement mise en œuvre chez Julien. Sont ainsi analysés la fonction de la lettre, le recours à la mise en scène du processus épistolaire, les formes d’incipit et de desinit. Outre le thème tradi-tionnel de la lettre comme expression de l’amitié, on repère dans cette correspondance ceux de la piété et du travail et de la hâte, plus spécifiques de Julien, mais peut-être tout aussi codés, parce que constitutifs de son ethos.