Abstract

RHETORICA 110 The editors should be commended for bringing these immensely rich and interesting works to a wider audience. Angus Gowland University College London Fronton, Correspondance. Textes traduits et commentés par Pascale Fleury avec la collaboration de Ségolène Demougin, Paris (Belles Lettres, coll. «Fragments»), 2003, 426p. La belle et utile collection «Fragments» publie pour son troisième vo­ lume un ouvrage utile et passionnant. Il met en effet à la disposition des cher­ cheurs et de quiconque s'intéresse à la rhétorique et à l'histoire de l'Antiquité une œuvre jusque là difficile à trouver et qu'il vaut la peine de redécouvrir, ainsi qu'on le devinait déjà à lire la Rhétorique spéculative de Pascal Quignard (voir mon compte-rendu dans Rhetorica 17, pp. 227-233). Mme Fleury publie -le texte de Haines figurant sur les pages de droite et sa propre traduc­ tion sur les pages de gauche- la totalité du corpus frontonien, à l'exception, précise-t-elle, des lettres dont il ne reste que quelques mots et des passages illisibles. On trouvera donc dans ce livre les lettres adressées par Fronton à Marc Aurèle, avant et après son accession au trône, à la mère de l'empereur philosophe, au collègue de celui-ci Lucius Vérus, à Antonin le Pieux, à des amis ou connaissances -dont Hérode Atticus et Avidius Cassius-, ce qui reste des trop fameux éloges de la fumée et de la poussière et de la négligence, le début des Principia Historiée, les cinq lettres Sur l'éloquence, celle Sur les discours et quelques autres pièces de moindre importance. On demandera aussitôt: «Et les lettres de Marc Aurèle?» Justement, hormis Lad Marcum I, 6 -mais c'est qu'elle est occupée presque entièrement par la copie faite par l'empereur d'un discours de son maître-, Mme Fleury a choisi de ne pas les inclure dans son ouvrage, parce qu'elle voulait, dit-elle,«mettre en lumière la personnalité riche de Fronton, sans la poser toujours en parallèle avec l'austérité du prince.» Or, même si l'on peut le regretter en quelques occasions où il fait perdre un peu d'intelligibilité (mais le défaut est en général compensé par une note explicative), ce choix ne paraît pas injustifié, c'est même l'un des attraits de l'ouvrage: celui-ci, en ne donnant que Fronton, dévoile tout Fronton, un Fronton «en continu», oserai-je dire, et en lui-même, libéré du masque de faire-valoir dont on serait tenté de le couvrir. On se rend compte alors qu'au moins en art et en humanité, le maître a toujours été supérieur à son élève. Même si le désordre dans lequel nous est parvenu le corpus ne permet pas une chronologie précise, lire cette correspondance c'est rencontrer le fantôme d'une vie disposée au fil du temps, vie personnelle rythmée par les périodes de souffrance physique, les succès oratoires, un consulat, le Reviews 111 renoncement pour raison de santé, au proconsulat, les deuils, la venue de la vieillesse, celle-ci nous valant un «Art d'être grand-père» (Ad amicos, I, 12) plutôt réussi. Mais Fronton (ce Fronton épistolaire, du moins) vit surtout par la vie de ses élèves dont il note les progrès (Verus) et les moments symboliques d entrée dans la vie adulte; on note le changement de ton dans les missives adressées à Marc Aurèle quand celui-ci accède au trône. Il a par ailleurs une conscience aiguë de l'écoulement du temps, auquel il se réfère souvent, soit pour lutter contre lui en affirmant la permanence des sentiments et des natures, soit —et c'est plus original— pour l'accompagner délibérément et s'en réjouir. Significatix e me paraît à ce propos l'image de la semence et de la récolte, à laquelle il a recours à plusieurs reprises: il ne regrette pas, dit...

Journal
Rhetorica
Published
2006-01-01
DOI
10.1353/rht.2006.0024
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