Abstract

Reviews 459 Hésiode se trouvent souvent éclipsés par J.-P. Vemant et J. Svenbro, qui en viennent à constituer alors, bien malgré eux, une sorte de vulgate critique nommée de façon très caricaturale "la critique contemporaine". Toutefois, si l'on donne à cette étude un enjeu plus actuel, suggéré par l’auteur lui-même, lequel prétend rendre une profondeur historique aux sciences de la communication et ainsi leur permettre d’assurer leur propre identité (p. 22), on lui reconnaîtra le mérite de constituer les débuts de la rhétorique grecque comme objet d’investigation moderne et non pas, comme c’est en général le cas dans les travaux de néorhétorique ou de néosophistique consacrés à cette question, comme simple instrument d’une théorie moderne de la communication. Dès lors, antiquisants et spécialistes de communication pourront tirer profit de cette perspective "ethno-logique", qui leur fournit de très stimulants sujets de collaboration. Marie-Pierre Noël Université de Paris-Sorbonne Volkhar Wels, Triviale Künste. Die humanistische Reform der grammatischen, dialektischen und rhetorischen Ausbildung an der Wende zum 16. Jahrhundert (Berlin: Weidler Buchverlag, 2000) Studium Litterarum. Studien und Texte zur deutschen Literaturgeschichte, Bd. 1, 332 pp. Une couverture un peu terne, une mise en page correcte, mais peu appétissante 03 et un contenu clair, concis, remarquablement complet. La synthèse offerte par Volkhard Wels offre non seulement un exposé très bien articulé de la réforme spectaculaire du trivium aux XVe et XVIe siècles, mais aussi une abondante bibliographie recensant les études les plus récentes sur une matière souvent difficile. Une bonne nouvelle, en somme, pour les chercheurs chevronnés comme pour les étudiants. Le livre de Wels inaugure une nouvelle collection, destinée tout d’abord au public allemand. Axé sur la réforme pédagogique 460 RHETORICA en Allemagne au XVIe siècle, il prend partout en considération le contexte international. L'auteur a fait une sélection parfaitement justifiée dans la masse des textes qui s'offrent au chercheur qui aborde l'humanisme. Traitant en particulier de Valla, d'Agricola, d'Érasme, de Vivès, il offre des citations toujours choisies en fonction de son propos général, qui est de montrer la nouvelle articulation des artes sermocinales effectuée à cette époque, réponse pédagogique à une nouvelle conception du langage. Le noyau de l'ouvrage est constitué par l'oeuvre du Praeceptor Germaniae, Philippe Melanchthon, ami et allié de Martin Luther. Sans négliger les premières versions des oeuvres rhétoriques et logiques du dernier, l'auteur fonde ses analyses en priorité sur les Elementa rhetorices (1531) et les Erotemata dialectices (1547). Consacrant la partie finale de son ouvrage à l'application pratique des préceptes, l'auteur se montre réceptif à l'essence du message humaniste, selon lequel la théorie n'a de valeur que dans la mesure où elle mène à l'analyse et à la composition du discours. La conception humaniste du langage s'est développée à travers la contestation de la pédagogie "scolastique". Voüà pourquoi l'ouvrage de Wels s'amorce avec le célèbre échange épistolaire entre Hermolao Barbaro et Pic de la Mirándole, repris à nouveaux frais par un élève de Melanchthon, Franz Burchard. Ce débat fondamental sert de leitmotiv à l'auteur, qui l'exploite habilement comme élément structurant de son étude. La lettre de Burchard revient ainsi pour assurer une articulation souple entre l'examen de la grammaire et celui de la dialectique humanistes, et encore vers la fin, où est cité un beau passage dans lequel Burchard illustre l'utilité et le pouvoir de l'éloquence en la rapprochant de la peinture (CR, IX, 692). La construction limpide de l'ouvrage moderne réfléchit de la sorte l'enseignement rhétorique de son protagoniste: on sait quelle importance Melanchthon accordait à la clarté de l'exposé et à la structuration transparente des textes. Le passage où sont comparées éloquence et peinture se trouve dans un chapitre récapitulatif, intitulé Die Okonomie des Triviums. Wels y montre qu...

Journal
Rhetorica
Published
2000-09-01
DOI
10.1353/rht.2000.0004
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