Abstract
Avec la Rhétorique à Alexandre, nous disposons d’un témoignage très précis—et quasiment unique—sur la théorie de la persuasion telle qu’elle pouvait être développée dans la seconde moitié du IVe s. par un rhéteur professionnel influencé par la sophistique et l’isocratisme. Trop souvent lue avec des “lunettes” aristotéliciennes ou disqualifiée a priori par les anciens préjugés anti-rhétorique et anti-sophistique, cette théorie est la plupart du temps mal comprise, ignorée ou dédaignée. Notre premier objectif est de l’étudier par et pour elle-même, en tentant d’analyser son contenu et de dégager les conceptions épistémologiques et rhétoriques qui en constituent l’arrière-plan. Nous tentons ensuite de préciser la nature des liens qui unissent cette théorie à la pratique oratoire et à Aristote.