Sylvie Franchet d’Espèrey
4 articles-
L’écriture des traités de rhétorique des origines à la Renaissance éd. par Sophie Conte, Sandrine Dubel ↗
Abstract
324 RHETORICA claim that "Despite his ambivalence with regard to rhetoric, Milton remain ed loyal in many respects to the tradition of the rhetoric handbooks, of Wilson, Peacham and Puttenham, on which he and his generation, in educa tional terms, were raised" (29), a claim repeated in various ways through out. I can think of no reason whatsoever to assume that Milton depended on English vernacular summaries of classical rhetoric unless it be that Lynch is relying on an outdated narrative about English Renaissance rhetoric. In reality, these English vernacular texts were so meagerly published as to make virtually no contribution to early education; neither were these texts included in any university curricula (Green 74-76). This is not to say that Lynch's 27-page bibliography does not already include many of the author itative texts for her discussion, yet other texts are missing, such as recent work on Milton and rhetoric by William Pallister and James Egan or Stephen B. Dobranski's magisterial summary of earlier Samson Agonistes criticism. But one might work forever to produce the perfect book. In the one that we have here, Lynch makes some original contributions to various conversations. Historians of rhetoric with an interest in her topics or period may well find in her text some new directions for those conversations. Stephen B. Dobranski, A Variorum Commentary on the Poems of John Milton: Volume 3, Samson Agonistes, intro. Archie Burnett, ed. P. J. Klemp (Pittsburgh: Duquesne University Press, 2009). James Egan, "Oratory and Animadversion: Rhetorical Signatures in Milton's Pam phlets of 1649," Rhetorica 27 (2009): 189-217. James Egan, "Rhetoric and Poetic in Milton's Polemics of 1659-60," Rhetorica 31 (2013): 73-110. Lawrence D. Green, “Grammatica Movet: Renaissance Grammar Books and Elocutio," in Peter L. Oesterreich and Thomas O. Sloane, eds., Rhetorica Movet: Studies in Historical and Modern Rhetoric in Honour or Heinrich F. Plett (Leiden: Brill, 1999), 73-115. William Pallister, Between Worlds: The Rhetorical Universe of Paradise Lost (Toronto: University of Toronto Press, 2008). Daniel Shore, Milton and the Art of Rhetoric (Cambridge: Cambridge University Press, 2012). Jameela Lares The University of Southern Mississippi L écriture des traités de rhétorique des origines à la Renaissance, textes édités par Sophie Conte et Sandrine Dubel, Ausonius, Scripta Antiqua 87, Bordeaux 2016, 241 pages. ISBN: 9782356131614 Ce livre, qui rassemble 11 contributions, traite un sujet qui est souvent abordé dans les ouvrages sur la rhétorique de manière indirecte ou margi nale . 1 écriture des traités de rhétorique, c'est-à-dire leur forme et leur style. Reviews 325 L idée majeure est qu il y a à la fois homologie entre le fond et la forme et contamination de la forme par le fond. Posée au début de Pouvrage avec une citation de Boileau - traducteur et éditeur du Traité du sublime au XVIIe siècle . « Souvent il fait la figure qu'il enseigne et, en parlant du sublime, il est lui-même très sublime », cette idée se décline sur différents plans : la composition des traités, leur mode d énonciation, les métaphores récurren tes, la place des citations et des exemples. Sont pris en compte à la fois les traités grecs et les traités latins, l'ordre suivi étant l'ordre chronologique, avec successivement des articles sur la Rhétorique à Alexandre, Démétrios (le Pseudo-Démétrios de Phalère), la Rhétorique à Hérennius, le De oratore de Cicéron, Denys d'Halicarnasse, le Traité du sublime, Quintilien, Fronton, les Progymnasmata d'Aphthonios, Martianus Capella, et enfin, sur un plan un peu différent et en guise d'ouverture finale, des traités de poétique de la Renaissance. Il y a nécessairement des manques, comme Isocrate, Aristote ou les autres traités de Cicéron, mais ces textes sont pris en compte à propos d'autres traités ; et surtout, l'introduction générale y pallie en présentant l'ensemble de la production rhétorique. Notons que la bibliographie, pré sentée à la fin de chaque article, est à jour et véritablement multilingue. L'Introduction, due à Sophie Conte, est...
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Le poète irrévérencieux. Modèles hellénistiques et réalités romaines par Bénédicte Delignon et Yves Roman ↗
Abstract
454 RHETORICA Le poète irrévérencieux. Modèles hellénistiques et réalités romaines, textes réunis par Bénédicte Delignon & Yves Roman, CEROR 32, CERGR, Lyon, 2009, 432 p. Le lien de ce livre avec la rhétorique est clair, puisqu'il traite des rapports entre la parole et le pouvoir. Mais sa spécificité est d'envisager la poésie, alors que dans le cadre d'une telle problématique, on considère généralement la prose, notamment l'historiographie. Les éditeurs ont voulu justement associer, dans cet ouvrage collectif, des «historiens» aux «littéraires» . Les historiens étaient ainsi appelés à prendre en compte les textes poétiques non pas comme des «sources» , mais comme des textes dont la matière même et le travail du style révèlent le projet de l'auteur. Mais le pouvoir reste un thème éminemment historique et les éditeurs se sont efforcés de maintenir la tension entre les deux axes en conservant au volume une véritable unité, consolidée par l'introduction de B. Delignon et la conclusion-bilan de Y. Roman, qui se répondent. Mais d'abord qu'est-ce qu'un poète «irrévérencieux» ? Le mot français d'irrévérence, est directement calqué sur le latin irreuerentia. Il aurait pu être défini d'emblée, mais finalement chacun des auteurs donne un peu sa vision de l'irrévérence. Le plus souvent on l'a associée à la libertas, traduction de parrhèsia. Mais, au-delà de la simple liberté de parole, il y a toute une gamme de valeurs : l'irrespect, l'insolence, la critique, jusqu'à l'invective, qui en serait une forme extrême. Tel ou tel parlera plus volontiers d'indépendance que d'irrévérence. Le terme convient de fait bien à la figure du poète, qui à Rome ne peut vivre que dans la dépendance de personnages importants. Au fond, le poète irrévérencieux est le contraire du poète courtisan. II y a des genres poétiques irrévérencieux par nature : les iambes, la satire, Tépigramme et même certaines élégies. Plusieurs chapitres concernent ainsi Horace, Juvénal, Martial, mais aussi Ausone. Mais ce que l'ouvrage met le plus en évidence, c'est la présence de l'irrévérence au sein même de la révérence, dans des textes à vocation apparemment épidictique: épopée, hymnes et même panégyriques. C'est là surtout que se pose la question rhétorique d'une parole déguisée, indirecte ou à double sens. Le livre se présente en quatre parties: (1) Contexte politique et idéologique sous le Haut empire: quelle place pour l'irrévérence ?, (2) modèles hellénistiques, (3), Formes et natures de l'irrévérence sous le Haut empire, (4) L'irrévérence poétique dans la latinité tardive. Au début du volume est posé le contexte d'écriture, dans ses aspects ju ridiques, politiques et sociologiques. On constate du reste que l'appréciation de la liberté laissée au poète n'est pas facile: pour A. Suspène, qui étudie no tamment les lois réprimant la liberté d'écriture, l'espace laissé à une possible irrévérence est très faible face au pouvoir impérial; Ph. Le Doze, de son côté, met l'accent sur le fait que les aristocrates romains ont besoin des poètes pour façonner leur image et que la relation n'est pas aussi inégalitaire qu'avec le prince. St. Benoist, étudiant le thème de Yabolitio memoriae, montre qu'on ne pouvait pas effacer totalement les écrits des poètes. Deux cas particuliers de Reviews 455 poètes qui ont payé cher leur irrévérence sont étudiés: celui de Cornélius Gallus (F. Rohr Vio) qui est très tôt devenu un thème de controverse dans les écoles de rhétorique, et celui d'Ovide (P. Cosme). La partie sur la poésie hellénistique est conçue par les éditeurs comme un...
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Abstract
Reviews 197 sviste interprétative. Attribuirgli gravi errori storici significa disconoscere la finalità pratica, la dimensione retorica del suo intervento. L'indagine di R. V. è condotta su due fronti: a) da un lato ci presenta i diciotto exempla storici menzionati da Andocide, concludendo che tutti, tranne uno, sono fondamentalmente corretti sotto il profilo storico, e che anche Túnico errore non è in alcun modo intenzionale, ma frutto di una confusione, che ha riguardato peraltro anche altri oratori; b) dallaltro procede ad un'analisi testuale rig orosa dei sei paragrafi in questione (3-9), mettendone in luce figure retoriche e stratagemmi argomentativi volti a persuadere il pubblico. La lettura retor ica di R. V., che abbiamo visto applicata alTepica, alia poesía didascalica e alia lírica, si mostra agevolmente applicabile anche alia narrazione storica: qui le pistéis, punto cardine della sua analisi, sono costituite appunto dagli exempla del passato. Concludo ribadendo che almeno due sono i pregi principali di questo libro: la chiarezza, anche a costo, come dicevo prima, di una certa ripetitivit à (aggiungo qui che dei passi antichi citati è fornita sempre la traduzione in spagnolo), e la collaborazione docente/allievo, espressione di una certa vivacità della vita universitaria messicana, oltre che di una "distanza cattedratica " che mi sembra minore rispetto alie université italiane. Questi due dati bastano di per sé a far scivolare in secondo piano alcuni eccessi interpretativi del resto inevitabili in un'indagine esclusivamente retorica, che anche Tautore mette in guardia dal considerare da sola esaustiva e definitiva. I pregi che ho esposto fanno rimpiangere il fatto che il libro, come quelli di altri studiosi messicani, sia difficilmente reperibile nelle biblioteche italiane ed europee. Se per parte mia ho avuto la fortuna di riceverne personalmente una copia dalTautore in occasione di un seminario tenutosi a Strasburgo nelTestate del 2006, sarebbe tuttavia opportuno che gli studenti europei che non hanno modo di entrare in contatto con gli studiosi messicani siano messi in condizioni di leggere i loro lavori attraverso una distribuzione libraría piú efficiente. Questa recensione, con tutti i suoi limiti, vuole essere un tímido inizio in questo senso, ma soprattutto un auspicio per il futuro. Stefano Dentice di Accadia Universitá degli Studi di Napoli "L'Orientale" Catherine Schneider, [Quintilien] Le soldat de Marius (Grandes déclama tions, 3), Edizioni delTUniversità degli Studi di Cassino, Cassino 2004, 283 pp. Le livre de Catherine Schneider (introduction, texte, traduction et com mentaire de la troisième des grandes déclamations quintiliennes) s'inscrit dans une série publiée par l'université de Cassino. Après les 8e et 12e, pu bliées par A. Stramaglia, voici la 3e, consacrée au célèbre «soldat de Marius,» accusé du meurtre de son tribun, par ailleurs neveu du général, qui avait 198 RHETORICA tenté d'obtenir ses faveurs pendant la guerre contre les Cimbres. Il se trouve que ce texte a donné lieu à des travaux concomitants: un commentaire de Graziana Brescia (Bari 2002), avec laquelle S. a été en correspondance et le livre d'Erik Gundstrom, Déclamation, Paternity and Roman Identity, dont le 3e chapitre est consacré à la troisième déclamation sous le titre An cimbrice loquendum sit (Cambridge 2003). Le texte proposé est, à trois différences près, celui de L. Hâkanson (éd. Teubner 1982). Deux des divergences concernent le § 15 (introduction d'une figure de contradictio et rétablissement de la phrase nescit ... tiro est) et s'appuient sur une démonstration convaincante; la troisième, dans la péroraison (§ 19), concerne un texte véritablement problématique. La traduction proposée—la première en français depuis 1659—est extrê mement scrupuleuse, mais pose un problème de fond. Le texte du déclamateur étant tout sauf évident à comprendre, on est amené à prendre un parti de traduction: coller au texte latin au risque de l'obscurité ou expliciter les choses en s'éloignant du texte. S. a choisi la première option, qui est sans doute la plus raisonnable. Mais la lecture donne alors une fausse apparence de simplicité, que seul le commentaire pourrait corriger. Il est en effet utile d'expliciter l'argument lorsque l'accumulation des...
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Abstract
This article considers the difficulties faced by Quintilian in classifying and understanding apostrophe. He treats it as both a figure of thought, with examples from oratory, and a figure of speech, with examples from Virgilin which the narrator addresses characters of the poem. By inserting the otherwise unobtrusive narrator into the narrative, the effect of the Virgilian examples is to collapse the distinction between narration and narrative. Since Quintilian does not have this means of linguistic analysis at his disposal, he defines apostrophe as a figure of speech by bringing it into relation with other figures that also produce an effect of rupture at the level of narration, and he uses other oppositions that offer an imperfect treatment of the problem.