Abstract

Reviews 215 understanding of rhetoric but also an assertion of Heidegger's 'restricted conception of rhetoric." Robert J. Dostal Bryn Mawr College E. Amatoet J. Schamp, eds., ÈTHOPOIIA. La représentation de caractères entrefiction scolaire et réalité vivante à l'époque impériale et tardive, textes édités par E. Amato et J. Schamp, avec une préface de M.-P. Noël, Salerno (Cardo, n° 3), 2005, 231 p. Quels discours pourrait tenir Héraclès pris de folie? la nymphe Écho poursuivie par Pan? un homme du continent voyant la mer pour la première fois? Éros amoureux? un eunuque pris d'un désir soudain? une courtisane rangée? Hector (mort) à Achille qui s'est revêtu de ses armes? Hélène à la vue de Ménélas (son mari) et de Pâris (son amant) s'affrontant en combat singulier? Caïn après avoir tué son frère? Médée avant d'égorger ses en­ fants? Voilà quelques-uns des sujets que les littérateurs et rhéteurs de la fin de l'Antiquité pouvaient s'imposer à eux-mêmes ou soumettre à leurs élèves dans le cadre de l'exercice dit d'éthopée. Que n'a-t-on conservé la totalité des corrigés! La compétence développée -faire parler les personnages en accord avec leur caractère et la situation plus ou moins dramatique ou paradoxale qu'ils sont en train de vivre- est celle des grands poètes, depuis l'aube de la civilisation grecque. Comme technique oratoire, l'éthopée s'est perfec­ tionnée dans l'atelier des logographes (Lysias excellait dans cet art), mais elle doit beaucoup aussi à Aristote, dont elle exploite la «preuve» éthique, première théorie psychologique selon certains, ainsi que la «preuve» émo­ tionnelle (pathos). Codifiée ensuite par les rhéteurs, travaillée par les écoliers dans le cadre des «exercices préparatoires» (progymnasmata), cultivée par les déclamateurs, influencée par les arts plastiques, prenant son autonomie en tant que forme littéraire à part entière d'où un raffinement qui confine parfois au maniérisme, ou encore annexée par l'historien-moraliste, par le philo­ sophe faisant œuvre protreptique, le prêcheur dans son effort apologétique, sinon par chaque individu dans la conversation courante, l'éthopée est un bon témoin de l'évolution de la rhétorique ancienne et de sa transformation en poétique généralisée. C'est donc un plaisir de saluer la parution d'un ouvrage qui propose, sur ce sujet apparemment «pointu», non seulement une somme d informations précises mais aussi une vue d'ensemble capable d'en montrer tout l'intérêt et toute la fraîcheur. Il n'est pas indifférent à cet égard que le recueil paraisse comme troisième numéro de la série Cardo, et s'inscrive parmi les réalisations d'un programme de recherche de l'Université de Fribourg (Suisse) consacré spécifiquement à la culture, notamment rhétorique, de l'antiquité tardive. 216 RHETORICA L'ouvrage, en effet, n'est pas seulement conçu comme un ouvrage érudit ou documentaire. Issu d'un colloque, il tend à répondre à une problématique. Son objectif consiste -dans l'esprit de Peter Brown- à réévaluer la produc­ tion littéraire et théorique d'une période à (re)découvrir, l'antiquité tardive, plus précisément la période qui sépare l'avènement du christianisme de l'extinction du paganisme, période qu'on appelle parfois troisième sophis­ tique. Souvent réduite au psittacisme et à la servilité (voire au ridicule), cette période s'avère à l'examen une période riche, capable de croiser, de déplacer, bref de réinventer les modèles hérités de la Tradition et de leur donner une va­ leur esthétique pleine et nouvelle. Dans l'optique de ce réexamen, Téthopée constituait un «modèle» particulièrement fécond. Outre la Préface et un Avant-propos des éditeurs, l'ouvrage contient onze contributions en cinq langues (allemand, anglais, espagnol, français...

Journal
Rhetorica
Published
2007-03-01
DOI
10.1353/rht.2007.0022
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