Frédérique Woerther
6 articles-
Abstract
Résumé: Il s'agit ici d'analyser la façon dont al-Fārābī (870–950) a interprété l'ēthos aristotélicien dans les Didascalia in Rethoricam Aristotelis ex glosa Alpharabii, introduction de son Grand Commentaire à la Rhétorique d'Aristote. Alors qu'Aristote organise ses moyens de persuasion en fonction du critère de technicité (pisteis entechnoi vs pisteis atechnoi), al-Fārābī choisit de les classer selon un critère formel puisqu'il distingue les moyens de persuasion syllogistiques des moyens de persuasion non syllogistiques. Pour être cernée au plus près, l'interprétation farabienne de l'ēthos aristotélicien nécessite la prise en compte des conditions dans lesquelles la transmission de la Rhétorique d'Aristote s'est opérée dans le monde oriental, ainsi que le contexte culturel, politico-religieux et philosophique propre à la composition des Didascalia.
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Abstract
Il s’agit ici d’analyser la façon dont al-Fārābī (870–950) a interprété l’ēthos aristotélicien dans les Didascalia in Rethoricam Aristotelis ex glosa Alpharabii, introduction de son Grand Commentaire à la Rhétorique d’Aristote. Alors qu’Aristote organise ses moyens de persuasion en fonction du critère de technicité (pistéis entechnoi vs pisteis atechnoi), al-Fārābī choisit de les classer selon un critère formel puisqu’il distingue les moyens de persuasion syllogistiques des moyens de persuasion non syllogistiques. Pour être cernée au plus près, l’interprétation farabienne de l’ēthos aristotélicien nécessite la prise en compte des conditions dans lesquelles la transmission de la Rhétorique d’Aristote s’est opérée dans le monde oriental, ainsi que le contexte culturel, politico-religieux et philosophique propre à la composition des Didascalia.
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Redner und Rhetorik: Studie zur Begriffs- und Ideengeschichte des Rednerideals von Franz-Hubert Robling, and: The Ethos of Rhetoric ed. by Michael J. Hyde ↗
Abstract
Reviews 339 Latomus on the orations of Cicero, published in Paris as early as 1531 by the freshly arrived Flemish printer Chrétien Wechel, would have been recorded in the RRSTC. As is well known, the activities of these young German scholars were of crucial importance for the development and—rhetorical— orientation of what is now called the Collège de France, founded in 1530. I am sure that any other specialist of a limited field of study can make critical remarks of this kind. Some will be justified, others rejected with good reason by the authors of the RRSTC. Not one single person will be capable of asking pertinent questions concerning the full scope of the catalogue: that privilege—if it is one—is restricted to J. J. Murphy and L. D. Green. This new edition of the RRSTC is a landmark in the history of Renais sance scholarship. It is a life-time achievement, but not in the sense that it is now in its final and definitive state. The authors promise to add in due course not only new entries, but full indexes of dates, places of publication, printers. The addition of these indexes would indeed enhance the value of the book and make it accessible to a larger and more diverse audience. Considering all the work that has been done so far, one hesitates to impose another task on the authors' shoulders. Is there no end to their efforts? There seems to be none. The heavv and grateful use of the RRSTC by the entire scholarly community will be their due reward. Kees Meerhoff Huizinga Instituut, Universiteit van Amsterdam Franz-Hubert Robling: Redner und Rhetorik: Studie zur Regriffs- und Ideengeschichte des Rednerideals (Archiv für Begriffsgeschichte: Sonderheft 5) (Hamburg: Meiner, 2007); 305 S. ISBN 3-7873-1834-8. Michael J. Hyde, ed.: The Ethos ofRhetoric (Studies in Rhetoric / Com munication) (Columbia, SC : University of South Carolina Press, 2004). XXVIII, 231 pp. ISBN 1-57003-538-5. L'étude de F.-H. Robling (= FHR), réalisée dans le cadre du projet de la Deutsche Forschungsgemeinschaft «Historisches Wôrterbuch der Rhetorik», se propose d'étudier l'image idéale de l'orateur, telle qu'elle a été conçue en rhétorique depuis l'Antiquité jusqu'au 18e s. Ce programme, embrassant une période qui s'étend sur plus de vingt siècles, relève a priori d'une gageure, mais l'auteur souligne dans la préface que son intention est d'offrir un regard synthétique sur une tradition qui s'achève avec Kant. Après avoir dégagé un aperçu sur l'état des recherches (pp. 13-23), FHR défend la méthode qu'il a ici adoptée: c'est en suivant le fil de l'histoire des idées, en prenant en compte les contextes technique, culturel, éthique et anthropologique particulier, qu il se propose de reconstruire le concept esthétique, philosophique et culturel d'«orateur», entendu comme «Sub- 340 RHETORICA jekt der Rhetorik, wie ihn die rhetorische Kunstlehre in ihren kanonischen Schriften behandelt» (p. 28). Le livre se divise en quatre parties. Dans une première partie (pp. 29-73: «Teil A: Der Redner als Fachmann der Rede: Das antike Grundmodell), Fauteur étudie le modèle antique de l'orateur, conçu par la sophistique, puis Aristote et la rhétorique d'école gréco-romaine, comme spécialiste et «technicien» (techmtès, artifex) du dis cours. FHR poursuit son examen avec une courte réflexion sur les tâches de l'orateur qui, dès l'Antiquité, révèlent une opposition entre, d'une part, une conception moralement neutre de la technique, où l'on demande à l'orateur de convaincre à travers un discours efficace, et, d'autre part, une orientation éthique en vertu de laquelle l'orateur doit persuader de ce qui est bien et présenter un comportement irréprochable et un caractère honnête. Mais la subjectivité de celui qui prend la parole entre aussi en jeu; c'est ce que FHR étudie dans les pages qui suivent, avant de montrer, dans un dernier cha pitre, comment les situations publiques dans lesquelles...
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Le Livre de la Rhétorique du philosophe et médecin Ibn Tumlūs (Alhagiag bin Thalmus) éd. et trad. par Maroun Aouad ↗
Abstract
446 RHETORICA sensitive passages (one satirizing Samuel Johnson's prose style is particularly cutting)" (xi). Again, one wishes for a textual apparatus that would bring those changes to light. In sum, while the volume does not make a notable contribution to the rich and complex textual history of Blair's Lectures, this is a perfectly usable edition of the text accompanied by an excellent Introduction. H. Lewis Ulman The Ohio State University Le Livre de la Rhétorique du philosophe et médecin Ibn Tunilüs (Alhagiag bin Thalmus). Introduction générale, édition critique du texte arabe, traduction française et tables par Maroun Aouad. Paris, Vrin,«Textes et Traditions», 2006. CXXIX p. + 177 p. ISBN : 978-2-7117-1916-0. 46€. Après une brève présentation d'ïbn Tumlüs (= IT), l'introduction évoque l'importance que revêt le Livre de la Rhétorique d'un point de vue biogra phique: ce traité prouve avec évidence—ce qui n'a jamais été fait jusqu'à présent—qu'IT est un disciple d'Averroès puisqu'il a utilisé ici un texte phi losophique du Cordouan, le Commentaire moyen à la "Rhétorique" d'Aristote. Le Livre de la Rhétorique est ensuite situé dans l'économie générale de l'Introduction à l'Art de la Logique d'IT (conservé dans un unicum de l'Escurial), dont il occupe environ 20% du nombre total de folios—c'est dire son importance—puis parmi les différentes sciences énumérées par l'auteur dans son prologue (il faut distinguer à ce titre la rhétorique de tradition philosophique et la rhétorique purement arabe, qui s'occupe du style, de la langue, sans trop se soucier de la vérité ou de la vraisemblance de ce qui est dit). Le plan du Livre de la Rhétorique, repris en détail infra (p. CXXIII-CXXIX) et qui a l'avantage de donner une idée générale de ce dont traite IT, est suivi d'une section (p. VI-X) où M. Aouad (= MA) examine avec précision les sources du Livre de la Rhétorique, en ne tenant compte que des convergences littérales (et non doctrinales) qui existent entre IT d'une part et Averroès, al-Fârâbï et Avicenne d'autre part. Les phrases ou expressions communes à IT et aux trois philosophes sont très nettement mises en évidence grâce à une saisie en caractères gras dans de nombreux passages du Livre de la Rhétorique (tous cités dans l'annexe, p. LXXXVIII-CXXII). Il ressort de ces analyses que la source principale d'IT est le Commentaire moyen il la "Rhétorique" d Aristote d’Averroès—et ce, pour l’ensemble du Livre de la Rhétorique—que ses sources secondaires (IT indique lui-même avoir utilisé des «livres») sont Avicenne (Rhétorique du Shifâ ), Averroès (Abrégé de la Rhétorique) et al- Fârâbï [Livre de la Rhétorique)—très majoritairement dans les cinq premiers folios du Livre de la Rhétorique—et qu'IT ne s'est pas directement appuyé sur la traduction arabe de la Rhétorique d’Aristote. MA examine ensuite, citations d'IT à l'appui, le but et la méthode du Livre de la Rhétorique (p. X-XV). Ni commentaire, ni abrégé, ce traité au Reviews 447 statut si particulier se propose de préparer le néophyte à une étude plus poussée de la rhétorique. Si on le compare au reste de la tradition arabe, IT piopose un traitement assez inattendu de la rhétorique: non seulement il ne ménage qu’une place très secondaire à la valeur politique de cet art, mais il procède aussi a une réinterprétation—bien plus profonde que ne fut celle de ses prédécesseurs—des moyens de persuasion à la lumière des sciences juridico-theologiques de 1 Islam. La méthode suivie dans le Livre de In Rhétorique est explicitement présentée par son auteur: utilisation d autres livres, refus de traiter certains points trop particuliers ou procéd...
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Λέξις ηθική (<i>ethical style</i>) in book III of Aristotle's<i>Rhetoric</i>? The uses of ηθικόϛ in the aristotelian corpus. ↗
Abstract
Abstract In Aristotle's works, the adjective ηθικός has two principal meanings: it can, namely, refer to (1) whatever is relative to ήθος, or (2) whatever is capable of expressing ήθος. This latter sense is what the present study proposes initially to delineate, by endeavoring to evaluate precisely the nature and meaning of ήθος as it is implied in each use of the adjective. This analysis will permit a subsequent isolation of the of the particular senses illustrated in the three occurrences of ηθικός which appear in the passages of the Rhetoric devoted to the λέξις of oratory. (Rhet. III, 7, 1408 a 11, 1408 a 25, et III, 1413 b 10). In effect: (1) when the notion of λέξις ηθική involves the ήθος of the speaker, the semantic extension of this latter term exhibits certain divergences, not only with regard to the way it is characterized in the rest of the treatise, as in the definition of πίστις εν τώι ήθει τού λέγοντος, but also with regard to the doctrine in the Ethics; (2) the way in which Rhet. III, 12 conceives of υπόκρισις—with which λέξις ηθική has close and privileged associations—implies a traditional, non-Aristotelian conception of ήθος. Taking into accound the discordant character of the three above-mentioned instances provides a new resource for critical studies devoted to questions about the dating and unity of the Rhetoric.
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La λέξις ἠθιϰή (style éthique) dans le livre III de la Rhétorique d’Aristote. Les emplois d’ἠθιϰός dans le corpus aristotélicien ↗
Abstract
L’adjectif ηθιϰός possède dans les traités d’Aristote deux significations principales: il peut en effet renvoyer à (1) ce qui est «relatif à Ι’ἦθος», ou à (2) ce qui est «capable d’exprimer Ι’ἦθος». C’est ce que la présente étude se propose de démontrer dans un premier temps, en s’efforçant de préciser chaque fois la nature et la valeur de Ι’ἦθος ainsi impliqué dans l’emploi de cet adjectif. Cette analyse permet, dans un deuxième temps, d’isoler le sens particulier que recouvrent les trois occurrences d’ἠθιϰός figurant dans les développements de la Rhétorique consacrés à la λέξις des discours (Rhét. III, 7, 1408 a11, 1408 a 25, et III, 1413 b 10). En effet: (1) si la notion de λέξις ἠθιϰή implique l’ήθος de l’orateur, l’extension sémantique de ce dernier terme manifeste des écarts, non seulement par rapport à la façon dont il est caractérisé dans le reste du traité (Rhét. I–II et III, 13–19) à travers la définition de la πίστις ἐν τῷ ἤθει τoῦ λέγοντος, mais aussi par rapport à la doctrine des Éthiques; (2) la façon dont Rhét. III, 12 conçoit Ι’ὐπόϰρισις—avec laquelle la λέξις ἠθιϰή entretient des liens privilégiés—suppose une conception traditionnelle et non aristotélicienne de la notion d’ἦθoς. La mise en évidence du caractère discordant de ces trois occurrences fournit à la littérature critique consacrée aux questions de la datation et de l’unité de la Rhétorique un indice supplémentaire à exploiter.