Laurent Pernot
22 articles-
Abstract
Abstract: Si, à la fin du xxe siècle, le genre dit “épidictique” était peu considéré par les chercheurs, l’enquête menée dans La rhétorique de l’éloge a fait apparaître l’importance historique de cette forme rhétorique, la richesse de sa technique et la complexité de ses enjeux sociaux, qui visaient à la formation d’un consensus. Sur cette base, des pistes de travail restent ouvertes pour l’avenir: elles portent sur l’envers du consensus (les sous-entendus éventuellement critiques), sur la périodisation de l’histoire de l’éloge (en prenant en compte, notamment, l’époque hellénistique, l’Antiquité tardive et la Troisième sophistique) et sur des enquêtes philologiques restant à mener dans le domaine de l’édition de textes et à propos de l’atticisme et des rythmes de la prose.
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Abstract
L’expression “Troisième Sophistique” a commencé à être utilisée, à partir des annees 1990, pour designer les orateurs et rheteurs grecs du ive siècle apres J.-C, et elle a suscité des débats. Les principales questions qui se posent portent sur la définition et l’extension chronologique du concept auquel renvoie cette expression : s’applique-t-elle aux praticiens et aux théoriciens de la rhetorique au sens strict, ou doit-elle être élargie pour inclure d’autres catégories d’écrivains et d’intellectuels ? Est-elle limitée au ive siècle après J.-C. ou se prolonge-t-elle jusqu’aux siècles sui-vants ? S’agit-il seulement des païens, ou existe-t-il aussi une Troisieme Sophistique chrétienne ? Ces questions pouvant admet-tre des réponses diverses, les choix que Ton opère engagent la manière de concevoir le role de la rhetorique dans la societe et la periodisation de l’histoire de la rhétorique.
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Abstract
The Third Sophistic Laurent Pernot Foreword The Third Sophistic is a cultural and social phenomenon that began in the Greek half of the Roman Empire in the 4th century CE. It comprised personalities who were teachers of rhetoric, orators, and public figures. The numeral adjective “Third” is understood in reference to the First Sophistic, which includes Greek sophists of the 5th and 4th century BCE, and the Second Sophistic, which includes Greek sophists active in the Roman Empire from the 1st to the 3rd century CE. This is a relatively new subject in the field of history of rhetoric and it has been the topic of much recent research: the time to assess the work done and to open future prospects has come. The following essays aim to provide a definition of the Third Sophistic. They describe historical changes, explore geographical areas, unravel social and familial connections, and highlight exceptional individualities. It is hoped that this collection will provide insights into the richness of Greco-Roman rhetoric of Late Antiquity and demonstrate its relevance to literature, politics, and religion. A chronology and a bibliography are provided below for the convenience of readers. L. P. N.B. Of the three papers gathered here, the first two were presented at the ISHR Twenty-First Biennial Conference (London, 26–29 July 2017) as part of the Panel “The Third Sophistic and Its Spaces.” [End Page 174] Chronological Table This chronological table lists the principal authors that are mentioned in the papers. The dates are sometimes approximate or conjectural. The cited names do not only include sophists. 5th cent. BCE Gorgias (480–380) 4th Plato (427–347) Aeschines (390-after 330) 3rd 2nd 1st Potamon of Mytilene (75 BCE –15 CE) 1st cent. CE 2nd Aelius Aristides (117–180) Lucian (120–180) 3rd Philostratus (170–245) Callinicus of Petra (Second half of the 3rd cent.) Julian of Cappadocia (?) Menander Rhetor (Second half of the 3rd cent.) Panegyrici Latini 4th Eusebius of Caesarea (265–339) Prohaeresius (277–369) Lactantius (+325) Libanius (314–393) Themistius (317–390) Himerius (310–390) The Emperor Julian (331/2–363) Aphthonius (Second half of the 4th cent.) Gregory of Nazianzus (330–390) Gregory of Nyssa (330–395) Basil of Caesarea (329–379) John Chrysostom (345–407) Eunapius (349–415) Panegyrici Latini (Cont.) Marius Victorinus (290–365) Symmachus (340–402) Ambrose (335–397) Augustine (354–430) 5th Synesius (370–413) The School of Gaza Damascius (460–538) 6th The School of Gaza [End Page 175] Select Bibliography E. Amato, A. Roduit, M. Steinruck, ed., Approches de la Troisiéme Sophistique: Hommages à Jacques Schamp (Bruxelles: Latomus, 2006). Google Scholar Av. Cameron, “Culture Wars: Late Antiquity and Literature,” in C. Freu, S. Janniard, A. Ripoll, ed., ”Libera Curiositas.” Melanges d’histoire romaine et d’Antiquité tar-dive offerts à Jean-Michel Carrié (Turnhout: Brepols, 2016), 307–316. Google Scholar R. C. Fowler, ed., Plato in the Third Sophistic (Berlin; Boston: De Gruyter, 2014). Google Scholar D. Hernández de la Fuente, “Poetry and Philosophy at the Boundaries of Byzantium (5th-7th centuries),” in A. de Francisco Heredero, D. Hernández de la Fuente, S. Torres Prieto, ed., New Perspectives on Late Antiquity in the Eastern Roman Empire (Newcastle upon Tyne: Cambridge Scholars Publishing, 2014), 81–100. Google Scholar P. Kimball, ed., “The Third Sophistic: New Approaches to Rhetoric in Late Antiquity,” Journal of Late Antiquity 3 (2010). Google Scholar M. Kraus, “Rhetorik und Macht: Theorie und Praxis der deliberativen Rede in der dritten Sophistik. Libanios und Aphthonios,” in M. Edwards, P. Ducrey, P. Derron, ed., La rhetorique du pouvoir: une exploration de Vart oratoire délibératif grec (Vandœuvres: Fondation Hardt, 2016), 299–341. Google Scholar P.-L. Malosse, B. Schouler, “Qu’est-ce que la Troisième Sophistique?” Lalies 29 (2009): 157–224. Google Scholar R. J. Penella, “Prologue,” in A. J. Quiroga Puertas, ed., The Purpose of Rhetoric in Late Antiquity: From Performance to Exegesis (Tübingen: Mohr Siebeck, 2013), 1–7. Google Scholar L. Pernot, La rhétorique de l’éloge dans le monde gréco-romain (Paris: Institut d’Etudes Augustiniennes, 1993). Google Scholar A. J. Quiroga Puertas, “From Sophistopolis to Episcopolis. The Case...
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Abstract
Marc Fumaroli (1932–2020)In memoriam Laurent Pernot Translated by Jameela Lares Marc Fumaroli aimait à rappeler qu’il avait fait partie du groupe de savants qui, en 1976, conçut le projet de fonder une société consacrée à l’histoire de la rhétorique, avec Anton D. Leeman, Alain Michel, James J. Murphy, Heinrich F. Plett et Brian Vickers. Cette initiative pionnière devait se concrétiser dès l’année suivante, avec la fondation de l’International Society for the History of Rhetoric (ISHR) à Zurich le 30 juin 1977. À cette époque, Marc Fumaroli, né le 10 juin 1932, était déjà un universitaire remarqué. Muni d’une solide formation, agrégé des lettres, ancien pensionnaire de la Fondation Thiers, il soutint sa thèse d’État à l’Université de Paris-Sorbonne, en 1976 précisément, et fut élu professeur dans ce même établissement. Spécialiste de la littérature française du XVIIe siècle, il s’inscrivait dans la lignée de grands maîtres comme Paul Bénichou, Raymond Picard et René Pomeau. Natif de Marseille, issu d’une famille corse, ayant passé son enfance à Fès, au Maroc, ce Parisien était un homme de la Méditerranée et de la culture latine. Passionné des arts de la scène, il « écumait les couturières et les premières », selon ses propres mots, et il donna au quotidien danois Jyllands-Posten des critiques qui furent par la suite réunies en un volume hors commerce (Orgies et féeries. Chroniques du théâtre à Paris autour de 1968, Paris, 2002). Dans la décennie qui suivit la fondation de l’ISHR, Marc Fumaroli développa et fit connaître son approche novatrice de la rhétorique, envisagée comme une composante essentielle de la littérature, de l’histoire des idées et du fonctionnement des institutions, tant séculières qu’ecclésiastiques. Il la qualifiait de « nervure » de la civilisation, à cause de son rôle de renfort, de soutien et d’arête saillante. En 1980, parut l’édition imprimée de sa thèse, L’Age de l’éloquence. Rhétorique et « res literaria » de la Renaissance au seuil de l’époque classique (Genève, Droz), puis, en 1985, l’édition commentée des Fables de La Fontaine (Paris, Imprimerie nationale), deux ouvrages qui attiraient l’attention, entre autres, sur l’héritage antique, sur l’influence des jésuites, sur le poids des genres, des topoi et des théories du style. [End Page 1] Directeur de la revue XVIIe Siècle, directeur du Centre d’étude de la langue et de la littérature françaises des XVIIe et XVIIIe siècles, Marc Fumaroli fut élu professeur au Collège de France en 1986 et donna comme intitulé à sa chaire « Rhétorique et société en Europe (XVIe – XVIIe siècles) ». En 1987, en tant que président de l’ISHR, il eut la responsabilité du VIe congrès de la Société, qui se tint à Tours et à Poitiers et fut applaudi par tous comme une grande réussite. À partir du milieu des années 80, les travaux de Marc Fumaroli changèrent d’échelle. Sans jamais oublier le cœur rhétorique et littéraire de ses préoccupations, il traça des perspectives élargies dans une série de grands livres, dont on ne peut citer ici qu’une sélection. Lecteur infatigable et pénétrant (Exercices de lecture. De Rabelais à Paul Valéry, Paris, Gallimard, 2006), il analysa les échanges feutrés des écrivains avec le pouvoir politique (Le Poète et le Roi. Jean de La Fontaine en son siècle, Paris, de Fallois, 1997 ; Chateaubriand. Poésie et Terreur, Paris, de Fallois, 2003). Il dégagea l’importance, dans l’histoire du monde occidental, du « loisir lettré » (otium literatum), de la conversation et des institutions littéraires, comme les salons ou les académies, qui permettaient le commerce des esprits et l’interaction en matière culturelle (Trois institutions littéraires, Paris, Gallimard, 1994 ; La Diplomatie de l’esprit. De Montaigne à La Fontaine, Paris, Hermann...
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Abstract
ABSTRACT Under the Roman Empire, the Greek elites expressed the greatest respect for the emperors and celebrated the advantages of Roman domination. But behind the brilliant façade, certain factors of complexity were at work. This article uses the notion of “figured speech” to detect covert advice or reservation in the works of Dio of Prusa, known as Dio Chrysostom, and Aelius Aristides, two important representatives of Greek literature and the so-called Second Sophistic (first to second century CE). By “figured speech” ancient rhetoricians meant the cases in which orators resorted to ruses to disguise their intentions, by using indirect language to get to the points they wanted to make. Our method consists of linking certain texts by Aristides and Dio and passages from theoretical treatises together to make clear the precise procedure of figured speech that is used in each case: eloquent silence, “the hidden key,” blame behind praise, generalization, and speaking through a mask. Figured speech is an avenue of research that is opening up to interpret Greek rhetoric and literature better. The Greek case is particularly rich, and it could help analyze the return of the same phenomenon in other epochs and other cultures.
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Abstract
Research Article| May 01 2005 Review of Riccardo Maisano, Cantici di Romano il Melodo Laurent Pernot Laurent Pernot Universit\'e Marc Bloch, UFR Lettres, Le Portique, 14 rue Descartes, 67084 Strasbourg, France pernot@umb.u-strasbg.fr Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (2005) 23 (2): 205–207. https://doi.org/10.1525/rh.2005.23.2.205 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Twitter LinkedIn Tools Icon Tools Get Permissions Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; Review of Riccardo Maisano, Cantici di Romano il Melodo. Rhetorica 1 May 2005; 23 (2): 205–207. doi: https://doi.org/10.1525/rh.2005.23.2.205 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. © The International Society for the History of Rhetoric Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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Abstract
Reviews 205 esplicitati per somiglianza o per differenza. Se ne puó concludere che ad ogni soggett° é associato un particolare significato, noto all'aedo e al pubblico, al punto che non é nemmeno necessario esplicitarlo, e al tempo stesso che ogni soggetto puó essere condensato o esteso, raramente ripetuto idéntico, piú spesso rielaborato con fini diversi. Nel terzo capitolo vengono prese in considerazione sia una serie di similitudini particolari, prevalentemente odissiache, definite 'con rovesciamento', in cui i termini dell'antitesi non appaiono né contrari né complementari, ma l'uno necessario all'esistenza dell'altro, che le similitudini con spostamento del punto di vista o del focus. La funzione di entrambe appare diversa fra i due poemi. NelYIliade esse in certo senso, integrando il testo, indirizzano il pubblico, facendo si che possa istituire rapporti e stabilire analogie che la narrazione non esplicita, mentre nelYOdissea, a motivo probabilmente di un plot piú intricato e strutturato a vari livelli, nella loro elaborazione si puó riconoscere all'opera una sensibilit á autoriale che non si limita a suggerire analogie non dichiarate ma anzi, avvalendosi di un gioco di somiglianze sottolineate, si serve delle similitu dini, frutto, sotto l'apparente fulmineitá, di una laboriosa premeditazione fórmale e strutturale con il loro punto di vista 'sfalsato', le sovrapposizioni che LA. definisce quasi da 'spostamento' onírico, la sostanziale infedeltá nei particolari e la 'veritá' psicológica ad esse sottese, per produrre una risposta emotiva che si fissi nella memoria del pubblico investendo la totalitá del suo universo narrativo. Completano il volume una ricca bibliografía, un indice dei luoghi citati e un indice delle cose e delle parole notevoli. Alcuni refusi sono fácilmente sanabili dal lettore stesso. Raffaele Grisolia Universita Federico Jí, Napoli Riccardo Maisano, Cantici di Romano il Melodo. Torino: Unione Tipografico -Editrice Torinese (Classici Greci: Autori della tarda antichitá e dell'etá bizantina), 2002. 2 volumes, 646 + 668 pages. Romanos dit "le Mélode" (c'est-à-dire "le Poète") a composé en grec, au VIe siècle après J.-C., environ soixante hymnes, longs chacun d'une dizaine de pages en moyenne. Né en Syrie, il séjourna à Beyrouth, puis s installa à Constantinople, où il fut proche de la cour impériale et où il exerça peut-être quelque fonction sacerdotale. A sa mort, il était célèbre, sa réputation étant due à la forme hymnique particulière qu'il avait créée, le kontakion (au pluriel kontakia). Il fut sanctifié et l'Eglise grecque le fête le 1er octobre. Le kontakion est composé d'un bref préambule, suivi d'une série de strophes, en nombre variable (de onze à quarante), présentant toutes un même schéma métrique, déterminé par le nombre des syllabes et la place des accents. Les lettres initiales des strophes forment des mots, suivant le 206 RHETORICA procédé de l'acrostiche, pour indiquer le nom de l'auteur ou le sujet du poème (on trouve souvent, par exemple, TOT TAÜEINOT PQMANOT = de l'humble Romanos). Chaque strophe se conclut par un refrain, qui reste le même tout au long du poème. Les kontakia étaient chantés dans les églises au cours de l'office, à l'occasion des principales cérémonies du culte. Destinés à l'instruction re ligieuse du peuple chrétien, ils portent sur les grands épisodes de l'histoire sainte, dont ils relatent le déroulement et expliquent la signification. Un trait caractéristique de Romanos est la dramatisation et la mise en scène du récit. La doctrine est marquée par le monophysisme. Parmi les nombreuses publications existant sur Romanos, il faut rappe ler les travaux de J. Grosdidier de Matons, éditeur du texte dans la collection "Sources chrétiennes" de 1964 à 1981. Helléniste éminent, savant aux multiples compétences, embrassant plu sieurs domaines de spécialité - l'Antiquité tardive, la philologie testa mentaire, la littérature byzantine -, éditeur déjà de l'orateur-philosophe Thémistios en 1995 pour les "Classici UTET", Riccardo Maisano présente ici le fruit d'un travail énorme et novateur. Ces deux gros volumes donnent le texte complet de Romanos, avec des...
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Abstract
Review Article| November 01 2000 L'art de s'exprimer en toutes circonstances. Les secrets dévoilés des orateurs Gilbert Collard,L'art de s'exprimer en toutes circonstances. Les secrets dévoilés des orateurs (Paris: Presses de la Renaissance, 1999), 204 pp. Laurent Pernot Laurent Pernot Université de Strasbourg II, UFR Lettres, Le Portique, 14 rue Descartes, 67000 Strasbourg, France. Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (2000) 18 (4): 467–472. https://doi.org/10.1525/rh.2000.18.4.467 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn MailTo Tools Icon Tools Get Permissions Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; L'art de s'exprimer en toutes circonstances. Les secrets dévoilés des orateurs. Rhetorica 1 November 2000; 18 (4): 467–472. doi: https://doi.org/10.1525/rh.2000.18.4.467 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 2000, The International Society for the History of Rhetoric2000 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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L’art de s’exprimer en toutes circonstances. Les secrets dévoilés des orateurs par Gilbert Collard ↗
Abstract
Reviews 467 Gilbert Collard, L'art de s'exprimer en toutes circonstances. Les secrets dévoilés des orateurs (Paris: Presses de la Renaissance, 1999), 204 pp. Maître Gilbert Collard, du barreau de Marseille, est un des plus grands avocats français, bien connu du public pour sa participation à des causes célèbres impliquant des personnalités du monde politique, artistique ou sportif. Auteur déjà de nombreux ouvrages, il publie ici un livre qui se définit comme "recueil de vingt-six ans de pratique oratoire" et somme de conseils, tant pour les futurs avocats que pour d'autres utilisateurs qui auront à s'exprimer en public. Or, sur la couverture de ce livre, l'auteur a tenu à faire figurer sa qualité de membre de l'International Society for the History of Rhetoric: démarche intéressante pour les lecteurs de Rhetorica. La première partie de l'ouvrage consiste dans un bref historique, qui commence par les œuvres d'Homère, qualifiées à juste titre de "poésie oratoire". G. Collard note que la rhétorique doit beaucoup aux sophistes, qui "méritaient mieux que la mauvaise réputation que Socrate leur fit". Se référant aux travaux de Marc Fumaroli, qui l'ont inspiré, il cite Aristote, Cicéron, Quintilien, et souligne l’importance de la tradition et des enseignements quelle dispense pour qui veut apprendre à parler aujourd'hui. La deuxième partie prolonge ce plaidoyer en faveur de la parole, en montrant, avec des raisonnements efficaces, comment l'art de parler a partie liée avec la formation de l'intelligence et du sens critique, avec la démocratie, avec l'humanité. L'auteur pose le problème moral de la rhétorique (comment distinguer persuasion et manipulation), présente les notions d'éthos et de pathos, puis énumère un certain nombre de défauts à éviter. Chemin faisant, des anecdotes illustrent l'actualité toujours renouvelée des problématiques rhétoriques, et l'avocat livre le fruit de ses expériences. Par exemple, Maître Collard estime que "ïe meilleur discours du monde ne devrait jamais dépasser une heure, l'idéal 468 RHETORICA étant le discours de quarante minutes" -au-delà, l'endormissement guette... La troisième partie brosse un panorama des principales notions techniques : les figures (notamment l'hyperbole, définie comme "la Marseillaise du répertoire"), les procédés d'argumentation (ici l'auteur s'appuie sur les travaux de Chaim Perelman), les principaux types de plan. Des conseils d'entraînement pratique sont donnés, et le livre se termine, dans une quatrième partie, par des analyses de discours fameux prononcés par des hommes politiques et des avocats, depuis Mirabeau jusqu'à Henri René Garaud. Comme l'auteur l'indique lui-même, son but n'est pas universitaire. Il n'entend pas proposer une recherche savante sur l'histoire de la rhétorique, mais offrir le témoignage d’un grand praticien de la parole. Le livre de G. Collard témoigne de l’intérêt de l'auteur pour la rhétorique et pour l'histoire de celle-ci, vue comme une source d'inspiration pour le présent. Il manifeste une approche du sujet, qui, sans être érudite, est profonde, parce qu'elle s'étend à l'histoire, à la morale, à la littérature. G. Collard est un orateur qui pense que la pratique oratoire doit être fondée sur le travail, la méthode, la culture, qui a des exordes prêts d'avance (comme Démosthène!), qui lit Montaigne et les poètes et qui veut réhabiliter la rhétorique dans des milieux (il y en a) où elle n'a pas bonne presse. Son témoignage est important. Laurent Pernot Université de Strasbourg II ...
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Abstract
Research Article| November 01 1999 Handbook of Classical Rhetoric in the Hellenistic Period, 330 B.C. - A.D. 400 Stanley E. Porter ed. Handbook of Classical Rhetoric in the Hellenistic Period, 330 B.C. - A.D. 400 (Leiden: Brill, 1997) xv + 901 pp. Laurent Pernot Laurent Pernot CARRA, Université des Scinces Humaines de Strasbourg, 14, rue René Descartes, 67804 Strasbourg Cedex, France. Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1999) 17 (4): 433–437. https://doi.org/10.1525/rh.1999.17.4.433 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn MailTo Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; Handbook of Classical Rhetoric in the Hellenistic Period, 330 B.C. - A.D. 400. Rhetorica 1 November 1999; 17 (4): 433–437. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1999.17.4.433 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 1999, The International Society for the History of Rhetoric1999 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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Handbook of Classical Rhetoric in the Hellenistic Period, 330 B.C.-A.D. 400 ed. by Stanley E. Porter ↗
Abstract
Reviews Stanley E. Porter ed., Handbook of Classical Rhetoric in the Hellenistic Period, 330 B.C. - A.D. 400 (Leiden: Brill, 1997) xv + 901 pp. Ce fort volume, d'une présentation typographique impeccable, se veut un ouvrage de référence sur la rhétorique antique, destiné principalement aux lecteurs anglophones. Il réunit 29 contributions, réparties en trois groupes, et toutes munies de bibliographies détaillées. La première partie (Rhetoric Defined) commence par un survol de l'histoire de la rhétorique antique confié à G. A. Kennedy: à tout seigneur tout honneur. Puis sont étudiés les grands secteurs de la doctrine: "The Genres of Rhetoric" (G. A. Kennedy), "Arrangement" (W. Wuellner), "Invention" (M. Heath), "Style" (G. O. Rowe), "Delivery and Memory" (T. O. Olbricht). Sur chacun de ces sujets, les auteurs s'efforcent de résumer les principales indications données par les théoriciens grecs et latins. On trouvera donc ici de solides aide-mémoires consacrées aux grandes divisions et classifications de la rhétorique antique. Le chapitre sur l'invention m'a paru spécialement original et éclairant, dans la mesure où il décrit le processus de Vinventio à partir d'un exemple précis et avec un grand recul méthodologique. La deuxième partie (Rhetoric in Practice) est plus curieuse. On était en droit d'attendre une étude de la pratique oratoire, parallèle à l'étude de la théorie qui fait l'objet de la première partie. Mais en réalité on a affaire à une succession de chapitres centrés sur les principaux genres littéraires et consacrés aux rapports de ces genres avec la rhétorique: "The Epistle" (J. T. Reed), "Philosophical Prose" (D. M. Schenkeveld), "Historical Prose" (S. Rebenich), "Poetry and Rhetoric" (R. Webb), "Biography" (R. A. Burridge), "Oratory and Declamation" (D. H. Berry - M. Heath), "Homily and Panegyrical Sermon" (F. Siegert), "The Rhetoric of Romance" (R. F. Hock), "Apocalyptic and 433 434 RHETORICA Prophétie Literature" (J. M. Knight), "Drama and Rhetoric" (R. Scodel). Ceci pose un problème de fond, qui mérite qu'on s'y arrête. Il suffit de lire cette liste de chapitres pour être frappé par une anomalie: "Oratory and Déclamation" est présenté comme un secteur parmi d'autres, enfoui au milieu du livre, dont les rapports avec la rhétorique ne seraient pas plus étroits que ceux de la philosophie ou du roman. En d'autres termes, le mot "rhétorique" est pris dans ce volume au sens de: théorie rhétorique, corps de doctrine, ensemble de cadres d'invention et de procédés d'écriture dont l'influence peut s'exercer sur n'importe quel texte, et par conséquent la pratique oratoire ne se voit reconnaître aucun statut particulier. L'inconvénient de cette conception est de rompre le lien très fort qui unit, dans l'Antiquité, la théorie et la pratique du discours. Pour les Grecs et les Romains, la pratique oratoire (sous ses multiples formes d'exercice scolaire et de discours public) faisait elle-même partie de la rhétorique. Il n'est donc pas surprenant que les auteurs du chapitre sur "Oratory and Déclamation" s'avouent embarrassés. Ils reconnaissent que "rhetoric" and "oratory" ont entretenu une relation essentielle, "symbiotic", tout au long de l'Antiquité (p. 393), mais se voient forcés, faute de place, de renoncer à ce qui serait le véritable sujet (une étude de l'éloquence antique), pour se contenter de brèves illustrations. Et voilà pourquoi les historiens sont plus longuement traités que les orateurs, ou la collection des Panegyrici Latini passée sous silence alors qu'on lit des pages entières sur Bion de Borysthène et Chariton, auteurs intéressants en eux-mêmes, certes, mais dont l'importance est bien moindre pour l'histoire de la rhétorique. On remarque également que la déclamation fait l'objet d'un traitement contradictoire à deux moments du livre: dans le chapitre sur "Oratory and Déclamation" (pp. 406 sqq.), il est question des rapports de la déclamation avec la rhétorique, tandis que...
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Abstract
Research Article| May 01 1998 La Rhétorique de I'Empire ou comment la rhétorique grecque a inventé I'Empire romain Laurent Pernot Laurent Pernot C.A.R.R.A., Université des Sciences Humaines de Strasbourg, 14 rue René Descartes, 67804 Strasbourg Cedex, France Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1998) 16 (2): 131–148. https://doi.org/10.1525/rh.1998.16.2.131 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn MailTo Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; La Rhétorique de I'Empire ou comment la rhétorique grecque a inventé I'Empire romain. Rhetorica 1 May 1998; 16 (2): 131–148. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1998.16.2.131 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 1998, The International Society for the History of Rhetoric1998 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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Abstract
Dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, Rome régnait sur l'ensemble du Bassin Méditerranéen; sa domination couvrait les provinces occidentals, de langue latine, et les provinces orientales (Grèce, Asie Mineure, Proche-Orient, bords de la mer Noire, etc.), de langue grecque. On étudie id les conséquences rhétoriques de ce nouvel ordre politique mondial. Les Grecs ont adapté la rhétorique qui était la leur, ont recyclé leur héritage, afin de rendre compte du phénomène romain, de dire la réalité romaine en termes grecs et d'interpréter Rome au nom des valeurs grecques. Cette rhétorique rénovée marque à la fois la loyauté des sujets grecs à l'égard du pouvoir romain et l'affirmation de leur identité culturelle de Grecs dans un empire bilingue et biculturel.
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Acutum dicendi genus. Brevità, oscurità, sottigliezze e paradossi nelle tradizioni retoriche degli Stoici ↗
Abstract
Research Article| August 01 1997 Acutum dicendi genus. Brevità, oscurità, sottigliezze e paradossi nelle tradizioni retoriche degli Stoici Gabriella Moretti,Acutum dicendi genus. Breuità, oscurità, sottigliezze e paradossi nelle tradizioni retoriche degli Stoici (Bologna, Pà tron Editore, 1995), pp. 214. Laurent Pernot Laurent Pernot Université des Sciences Humaines de Strasbourg, U. F. R. des Lettres, 14 rue René Descartes, 67084 Strasbourg cedex, France Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1997) 15 (3): 335–337. https://doi.org/10.1525/rh.1997.15.3.335 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn MailTo Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; Acutum dicendi genus. Brevità, oscurità, sottigliezze e paradossi nelle tradizioni retoriche degli Stoici. Rhetorica 1 August 1997; 15 (3): 335–337. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1997.15.3.335 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 1997, The International Society for the History of Rhetoric1997 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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Acutum dicendi genus. Brevità, oscurità, sottigliezze e paradossi nelle tradizioni retoriche degli Stoici da Gabriella Moretti ↗
Abstract
Reviews Gabriella Moretti, Acutum dicendi genus. Brevità, oscurità, sottigliezze e paradossi nelle tradizioni retoriche degli Stoici (Bologna, Pàtron Editore, 1995), pp. 214. La rhétorique stoïcienne n'a pas bonne réputation. Dans l'Antiquité, les maîtres du Portique ont été considérés comme particulièrement peu doués dans l'art du bien dire, ce qui leur a valu de célèbres et vigoureux reproches de la part de Cicéron : Stoicos autem, quos minime improbo, dimitto tamen... Orationis etiam genus habent fartasse subtile et certe acutum, sed ut in oratore exile, inusitatum, abhorrens ab auribus uulgi, obscurum, inane, ieiunum ac tamen eius modi, quo uti ad uulgus nullo modo possit... Ea si sequamur, nullam umquam rem dicendo expedire possimus. (« Quant aux Stoïciens, je n'ai garde de les condamner ; mais je les congédie... Leur manière même de s'exprimer est peut-être précise, à coup sûr pénétrante ; mais, pour un orateur, elle est maigre, étrange, en désaccord avec le goût populaire, obscure, vide, telle qu'il est absolument impossible de l'employer devant le peuple... Si nous sui vions leurs principes, il n'est pas une cause que notre discours réussi rait à débrouiller ».) (De oratore, III, 65-66, trad. Courbaud-Bomecque) Scripsit artem rhetoricam Cleanthes, Chrysippus etiam, sed sic, ut, si quis obmutescere concupierit, nihil aliud legere debeat. (« Il y a bien un traité de rhétorique, qui a été écrit par Cléanthe ; il y en a un autre de Chrysippe ; mais ils sont tels que, si l'on tient absolu ment à apprendre à être muet, il n'y a rien d'autre à lire ».) (Definibus, IV, 7, trad. Martha) Et pourtant, les Stoïciens ont écrit sur la rhétorique, ils se sont intéressés à la grammaire et à la dialectique. Le dédain dont certains les accablent est peut-être injuste. Il valait la peine d'y regarder de plus près. Gabriella Moretti distingue les théories des Stoïciens sur la rhétorique (« moment doctrinal ») et leur pratique d'expression, le style dont ils ont usé dans leurs paroles et leurs écrits (« rhétorique immanente »). Du point du vue théorique, la rhétorique est peu importante pour le stoïcisme. Elle est placée aux confins de la logique et de la dialectique, qui 1 écrasent ou qui tendent à l'absorber. A noter cependant, l'ajout significatif de la 335 336 RHETORICA« brièveté » dans la liste des vertus du discours. Mais c'est surtout dans la pratique que se révèle 1' « idioretorica » stoïcienne. Les anecdotes transmises sur les maîtres grecs de l'école stoïcienne leurs prêtent toutes sortes de formules brèves et obscures : c'est l'esthé tique de la « brièveté » (brakhulogia), au confluent de la tradition sapien tiale (thème du sage qui en dit le moins possible, se contente de paroles rares et de poids, s'exprime par apophtegmes) et d'une incontestable vir tuosité dialectique. Ce mode d'expression fut acclimaté à Rome, en parti culier à travers la figure de Caton le Censeur, dont les formules lapidaires ont fait fortune (« Vir bonus dicendi peritus », « Rem tene, uerba sequentur »). L'étrangeté de cette rhétorique ne manqua pas de susciter des discussions et des critiques, dont Cicéron se fait l'écho, non seulement en tant qu'orateur et rhétoricien, mais aussi en tant que créateur de la prose philosophique latine et à ce titre particulièrement attentif aux problèmes de l'expression rhétorico-philosophique. Gabriella Moretti étudie, à travers Cicéron en particulier, les mots désignant le style stoïcien, comme subtilis, ieiunus, breuis, obscurus, acutus... Elle montre qu'il s'est constitué un lexique à ce sujet, et même une imagerie, autour des notions d' « aiguillons » (aculei) et d' « épines » (spinae). On peut suivre ces métaphores, notamment, chez Lucien, ou encore chez Martianus Capella (un auteur que Gabriella Moretti connaît bien1). Elles définissent une esthétique qui cultive le dépouillement et l'austérité jusqu'au maniérisme. Les derniers chapitres de l'ouvrage sont consacrés aux influences...
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Research Article| May 01 1997 A New History of Classical Rhetor; La rhétorique antiqu George A. Kennedy, A New History of Classical Rhetoric (Princeton: Princeton University Press, 1994), xii + 301 pp.Françoise Desbordes, La rhétorique antique (Paris: Hachette, 1996), 303 pp. Laurent Pernot Laurent Pernot Directeur de I'Institut de Grec, Université des Sciences Humaines de Strasbourg, U.F.R. des Lettres, 22 rue René Descartes, 67084 Sfrasbourg Cedex, France. Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1997) 15 (2): 211–212. https://doi.org/10.1525/rh.1997.15.2.211 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn Email Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; A New History of Classical Rhetor; La rhétorique antiqu. Rhetorica 1 May 1997; 15 (2): 211–212. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1997.15.2.211 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 1997, The International Society for the History of Rhetoric1997 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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A New History of Classical Rhetoric by George A. Kennedy, and: La rhétorique antique par Françoise Desbordes ↗
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Reviews George A. Kennedy, A New History of Classical Rhetoric (Princeton: Princeton University Press, 1994), xii + 301 pp. Françoise Desbordes, La rhétorique antique (Paris: Hachette, 1996), 303 pp. Ces dernières années ont vu se multiplier, en Europe et en Amérique, les ouvrages de synthèse, manuels, guides ou recueils, sur la rhétorique. Le marché éditorial en atteste : il y a un besoin croissant en ce domaine, pour la formation des étudiants et pour le perfectionnement des collègues. Les deux ouvrages recensés ici constituent des spécimens particulièrement distingués de cette production. Tout en étant synthétiques, ils restent rela tivement circonscrits, puisqu'ils portent, l'un et l'autre, exclusivement sur la rhétorique antique. Il est inutile de présenter George Kennedy aux lecteurs de Rhetorica. Membre fondateur de l'ISHR, George Kennedy a joué un rôle capital dans le regain de l'histoire de la rhétorique à partir des années 1960. Il a montré, à une époque où cela n'allait pas de soi, que la rhétorique antique n'était pas une vieillerie desséchée, vouée aux catalogues de figures, mais une nervure essentielle de la culture gréco-romaine. Trois livres majeurs, devenus des classiques, ont scandé son enquête : The Art of Persuasion in Greece (1963), The Art of Rhetoric in the Roman World (1972), Greek Rhetoric under Christian Emperors (1983). Le présent ouvrage, A New History of Classical Rhetoric, fond ensemble ces trois livres, en les abrégeant. La partie de Greek Rhetoric ... qui portait sur Byzance n'a pas été reprise ; inverse ment, quelques pages ont été ajoutées sur la rhétorique latine de la fin de l'Antiquité, qui n'était pas évoquée dans les ouvrages précédents. Le petit livre sur le Nouveau Testament, fort apprécié des connaisseurs (New Testament Interprétation through Rhetorical Criticism, 1984), a été également mis à contribution. Tout ce travail de remaniement s'est accompagné, comme il se doit, d'un aggiornamento visant tant les références bibliographiques que cer taines questions de fond. Les chevauchements qui pouvaient poser prob lème ont été éliminés (à propos de Denys d'Halicamasse, traité à la fois dans The Art of Persuasion ... et dans The Art of Rhetoric ou des progymnasmata , traités à la fois dans The Art ofRhetoric ... et dans Greek Rhetoric La discussion a été partout réduite à l'essentiel : par exemple, le chapitre sur les orateurs attiques se concentre sur Lysias et Démosthène, les autres noms étant seulement énumérés. La bibliographie est restreinte, dans une très large mesure, aux publications en anglais. On pourra discuter, ici ou 211 212 RHETORICA là, des points d'érudition, ou contester telle vue cavalière (par exemple, p. 241, à propos du IIe siècle après J.-C. : « the intellectual exhaustion of the period » ). Mais là n'est pas l'important pour un ouvrage de ce genre. Ce qui compte, c'est que le lecteur dispose d'une histoire complète de la rhé torique antique, depuis les origines jusqu'au VIe siècle après J.-C., parfaite ment dominée, claire, bien informée. Elle servira de compendium ou de propylées vis-à-vis des ouvrages plus détaillés sur la question, à com mencer par ceux de George Kennedy lui-même. Françoise Desbordes rend hommage, dans sa préface, à « l'œuvre monumentale » de George Kennedy (p. 6). Elle a choisi, quant à elle, de poser d'abord la problématique de la rhétorique antique. Une première partie, intitulée modestement « Situation de la rhétorique », passe en revue les questions, antiques et modernes, que soulève l'art de la parole : notam ment, la définition de la rhétorique, le problème de sa valeur morale, son enracinement institutionnel (dans la cité, dans l'école), ses rapports avec l'environnement culturel (avec la philosophie, le christianisme, la dialec tique, la grammaire). Cet exposé frappe par sa puissance synthétique remarquable. Toutes les questions cruciales y sont réunies, admirablement expliquées en très peu de pages, et constituent une...
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Research Article| May 01 1994 L'art d'argumenter. Structures rhétoriques et littéraires Gilles Declercq,L'art d'argumenter. Structures rhétoriques et littéraires (Paris, Editions universitaires, 1993), 283 p. Laurent Pernot Laurent Pernot École normale supérieure, Centre d'études anciennes, 45 rue d'Ulm, 75230 Paris Cedex 05, France. Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1994) 12 (2): 227–229. https://doi.org/10.1525/rh.1994.12.2.227 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn MailTo Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; L'art d'argumenter. Structures rhétoriques et littéraires. Rhetorica 1 May 1994; 12 (2): 227–229. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1994.12.2.227 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 1994, The International Society for the History of Rhetoric1994 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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Research Article| November 01 1993 Avant-propos Laurent Pernot Laurent Pernot École normale supérieure, Centre d'études anciennes, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, France. Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1993) 11 (4): 351–353. https://doi.org/10.1525/rh.1993.11.4.351 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn MailTo Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; Avant-propos. Rhetorica 1 November 1993; 11 (4): 351–353. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1993.11.4.351 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search This content is only available via PDF. Copyright 1993, The International Society for the History of Rhetoric1993 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.
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Research Article| November 01 1993 Un rendez-vous manqué Laurent Pernot Laurent Pernot École normale supérieure, Centre d'études anciennes, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, France. Search for other works by this author on: This Site PubMed Google Scholar Rhetorica (1993) 11 (4): 421–434. https://doi.org/10.1525/rh.1993.11.4.421 Views Icon Views Article contents Figures & tables Video Audio Supplementary Data Peer Review Share Icon Share Facebook Twitter LinkedIn Email Tools Icon Tools Cite Icon Cite Search Site Citation Laurent Pernot; Un rendez-vous manqué. Rhetorica 1 November 1993; 11 (4): 421–434. doi: https://doi.org/10.1525/rh.1993.11.4.421 Download citation file: Ris (Zotero) Reference Manager EasyBib Bookends Mendeley Papers EndNote RefWorks BibTex toolbar search Search Dropdown Menu toolbar search search input Search input auto suggest filter your search All ContentRhetorica Search Copyright 1993, The International Society for the History of Rhetoric1993 Article PDF first page preview Close Modal You do not currently have access to this content.